Ancien diocèse de Chartres (évêché
de Blois : 1697). Les Blésois, Blisenses (puis Blesenses),
sont mentionnés par Grégoire de Tours (fin 6ème).
Origine du nom de la ville (Blesis dès le 7ème)
très incertaine : ce n'est pas le celtique, en fait breton,
"bleiz" : loup, le nom n'a jamais été
attribué qu'à l'agglomération urbaine, rive
droite de la Loire ; "Vienne", rive gauche, est un hydronyme
préceltique. Pour Blesis, peut-être un "Bol"
pré-indo-européen, thème de la hauteur (?).
Les habitants de la ville et de sa région sont les Blésois,
non Blaisois, orthographe sans fondement qui a fait son apparition
à l'époque romantique, et reprend faveur actuellement.
Des comtes, fonctionnaires du pouvoir central, apparaissent à
Blois dès l'époque carolingienne ; au 10ème,
ils deviennent héréditaires : comtes de Tours avec
Thibaud le Tricheur qui y joignit encore le Dunois (Châteaudun),
le comté de Chartres, Beauvais et Melun, puis, avec son
petit-fils Eudes II, le comté de Champagne. La première
moitié du 11ème fut marquée par la rivalité
d'Eudes II et du comte d'Anjou, Foulque Nerra, pour la possession
de la Touraine, d'où le comte de Blois fut éjecté
(voir Pontlevoy), cependant que le fils de l'Angevin, prenant
possession de Vendôme, devenait menaçant pour les
communications entre Blois, Châteaudun et Chartres (voir
Fréteval). A la maison de Blois-Champagne succéda
(fin 13ème/14ème) celle de Châtillon-sur-Seine,
qui avait également des biens en Picardie et dans les Flandres.
En 1397, Louis d'Orléans, frère de Charles VI, acheta
le comté. Après sa mort (1412), sa veuve, Valentine
Visconti (origine des prétentions ultérieures sur
l'Italie), se retira à Blois et y mourut. Pendant la longue
captivité à Londres, de leur fils, le poète
Charles d'Orléans, le comté de Blois fut défendu
contre les Anglais par Jean, bâtard d'Orléans (futur
Dunois), qui accueillit Jeanne d'Arc à Blois, où
elle rassembla son armée avant de délivrer Orléans
(1428, voir Selles-sur-Cher, Mennetou). Charles d'Orléans
s'installa ensuite à Blois où il commença
la reconstruction du château. Son fils Louis y naquit en
1462, devenu roi de France (Louis XII) en 1498 à la mort
sans héritier de son cousin Charles VIII , il répudia
la soeur de celui-ci, Jeanne de France (voir Montrichard), puis
épousa sa veuve, Anne de Bretagne, qui mourut à
Blois (1514) sans laisser d'héritier mâle. Mais leur
fille Claude (voir Romorantin) avait épousé François
d'Angoulême qui, le 1er janvier 1515, succéda à
son beau-père et oncle, poursuivant après lui la
reconstruction du château. François Ier, (voir Chambord)
et ses successeurs attirèrent encore souvent la cour à
Blois et dans le Val de Loire, où, après la mort
de son fils Henri II, la reine mère Catherine de Médicis
aimait se retrouver pendant la période trouble des guerres
de Religion. Son fils Henri III réunit par deux fois à
Blois les états généraux : 1576 et 1588.
Le 23 décembre de cette année, il fit exécuter
sans jugement le duc de Guise, prêt à s'emparer du
pouvoir, et son frère, le cardinal de Lorraine, déjà
malade ; Catherine de Médicis y mourut le 5 janvier suivant.
En 1617, Louis XIII devait y reléguer sa mère, Marie
de Médicis, qui s'évada pittoresquement, de nuit,
par une fenêtre. En 1626, et pour éviter de nouvelles
intrigues, le roi donna le comté, avec le duché
d'Orléans, à son frère Gaston qui mourut
à Blois en 1660 après avoir chargé François
Mansart, au château, d'une reconstruction inachevée.
En 1697, l'érection de l'évêché de
Blois regroupa 11 administration des paroisses du comté
de Blois et de la châtellenie qui en dépendait, et
de celle de Romorantin, partagée entre le diocèse
de Chartres et ceux d'Orléans, Tours et Bourges. A la veille
de la Révolution, le découpage de la France en départements
regroupa assez artificiellement le comté de Blois, le duché
de Vendôme, un peu du Perche (pays d'élevage et de
bocage), la terre à blé de la Beauce orléanaise
et le vignoble tourangeau (Montrichard, Chissay, Saint-Georges).
Blois, ville centrale la plus importante, fut préférée
à Vendôme, qui arguait de posséder le seul
établissement d'enseignement de renom (voir Vendôme,
mais aussi Pontlevoy). A l'époque révolutionnaire,
Grégoire fut élu évêque constitutionnel
de Blois ; ensuite, le siège épiscopal ne devait
être rétabli qu'en 1823 ; l'emprise du diocèse
se confondant avec celle du département, les paroisses
vendômoises et percheronnes du diocèse du Mans, et
celles de quelques communes orléanaises et tourangelles
"annexées" par le Loir-et-Cher, s'ajoutèrent
aux précédentes. Blois avait été pendant
quelques jours, en 1814, le siège du gouvernement de l'impératrice
Marie-Louise ; en 1832, c'est à Blois que fut jugé
le procès de la duchesse de Berry, coupable d'une chouannerie
contre le roi des Français Louis-Philippe et arrêtée
à Nantes. La ville devait être occupée par
les Prussiens du 12 décembre 1870 au 28 janvier 1871. Patrie,
entre autres, de Louis XII (1462-1515), Denis Papin (1647-1714),
des historiens Augustin et Amédée Thierry (respectivement
1795-1856, 1797-1873) et du prestidigitateur Jean-Eugène
Robert-Houdin (né à Blois en 1805). Jack Lang, maire,
député (PS), député au Parlement européen,
ancien ministre de la Culture (6 fois).
Le château de Blois : l'escalier François Ier

Le
grand escalier du château de Blois, aile François
Ier (1515-1524). La petite ville de Blois, aux confins de
la Sologne et de la Beauce, est dominée par le château,
l'un des plus fascinants de la Loire. Il se dresse en plein
cœur de la ville et son histoire s'identifie bien souvent
à celle de la France : Charles d'Orléans,
après son retour de captivité, en fit sa résidence
favorite; Louis XII en fit sa résidence royale, puis
François Ier au XVIe siècle, Gaston d'Orléans
au XVIIe siècle.
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