Ancienne capitale des Turons, très modeste
village lacustre avant la romanisation. La cité nouvelle
prit d'abord le nom de "Caesarodunum", et fut l'une
des villes importantes de la Gaule romanisée ; elle fut
peut-être évangélisée dès le
3ème. Au premier évêque saint Gatien, envoyé
par le pape Fabien, succédèrent saint Lidoire, puis,
au 4ème, saint Martin, ancien légionnaire romain
souvent appelé "l'apôtre des Gaules". Après
sa mort, son tombeau devint le but d'un très important
pèlerinage. Un oratoire fut édifié, remplacé
vers 480 par une somptueuse basilique, autour de laquelle prit
naissance un bourg, la Martinopole Au 6ème, l'évêché
de Tours eut pour titulaire l'historien saint Grégoire
de Tours qui favorisa le pèlerinage. A la fin 8ème,
sous la conduite de l'abbé de Saint-Martin, Alcuin, appelé
par Charlemagne, Tours devint un grand foyer culturel et artistique.
Au 9ème, la ville, l'abbaye Saint-Martin et 28 églises,
sauf la cité fortifiée avec la cathédrale,
furent détruites par les Normands. Depuis le 10ème,
remparts de Châteauneuf protégeant Saint-Martin.
Lors de la rivalité des comtes de Blois et d'Anjou, la
ville de Tours fut prise par Foulques Nerra, comte d'Anjou, puis
entra dans les domaines des Plantagenêts, avant d'être
conquise par Philippe Auguste en 1202 et rattachée définitivement
au domaine royal en 1259. En mai 1308, Philippe le Bel y réunit
les états qui condamnèrent les Templiers. Au milieu
du 14ème, Tours et Châteauneuf furent réunis
par le "Mur de Jean le Bon". L'armée de Jeanne
d'Arc partit de Tours en 1429 pour aller délivrer Orléans.
L'industrie de la soie fut introduite au 15ème par Louis
XI ; elle connut son apogée au 16ème et donna à
la ville une grande prospérité. La Réforme
trouva à Tours un terrain d'élection, mais les huguenots
ne furent maîtres de la ville que pendant cent jours, d'avril
à juillet 1562. Le Parlement de Paris et la Chambre des
comptes siégèrent à Tours sous Henri III.
La révocation de l'édit de Nantes entraîna
l'exil de nombreux soyeux et le déclin se poursuivit jusqu'au
19ème. La ville, bien peuplée au 16ème (80
000 habitants est un chiffre très exagéré),
n'en comptait plus que 20 000 en 1801. Bel urbanisme Louis XVI.
Tours fut en octobre et novembre 1870, le siège de la Délégation
du gouvernement de la Défense nationale, plus tard transféré
à Bordeaux. Les Prussiens occupèrent la ville en
janvier 1871. Au cours de la Première Guerre mondiale,
elle fut un grand centre de ravitaillement des troupes américaines.
Les principaux ministères et administrations s'y replièrent
en mai 1940. En 1940 et 1944, elle fut cruellement endommagée
par des bombardements (tout le centre nord, et le noeud ferroviaire
au sud-est).
Tours : les jardins de l'Archevêché

Le
palais de l'ancien archevêché, dont certaines
parties datent des XIe et XIVe siècles, s'appuie
sur une ancienne muraille gallo-romaine qui constituait
l'enceinte de la ville au IVe siècle. La cour de
l'archevêché (avec son magnifique cèdre
du Liban planté en 1804), à laquelle fait
suite un jardin public, est dominée par une terrasse
qui est une partie de la muraille, d'où l'on découvre
une vue très belle sur le palais et sur la cathédrale.
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