La tradition assure qu'Ajaccio fut fondée
par Ajax, héros éponyme. La cité primitive
qui occupait une éminence (quelques vestiges au lieu-dit
"Vieux Château") fut détruite vers le 10ème
par les pirates barbaresques. Reconstruite probablement par les
Génois, un peu au nord de l'emplacement actuel, où
elle fut transférée définitivement en 1492
par les mêmes Génois. Au cours de ces cinq siècles,
Ajaccio changea souvent de mains, tant en raison des invasions
qu'à cause des rivalités des familles seigneuriales
: les Génois, les seigneurs de la Cinarca, le roi d'Aragon,
les Leca (importante famille dont plus de 40 membres furent massacrés),
la Banque Saint-Georges (chargée de la gestion financière
des biens de la république de Gènes) assurèrent
tour à tour le pouvoir. En 1553, Sampiero prit la ville
pour le compte du maréchal de Thermes qui édifia
la citadelle, achevée en 1559 par les Génois après
le retrait des Français. En 1723, Ajaccio joua son premier
rôle de capitale en devenant le chef-lieu de l'administration
de "l'Au-delà-des-Monts", Gênes ayant décidé
de scinder l'île en deux gouvernements distincts. Par le
traité de Compiègne de 1764, la France occupait
certaines places, dont Ajaccio, en accord avec Gênes, préfigurant
ainsi le ralliement définitif de 1769 au territoire national.
La Convention décida en 1793 de créer deux départements,
le Golo et le Liamone dont Ajaccio devint le chef-lieu ; la réunion
de la Corse en un seul département par le "consulte"
de 1811 confirma Ajaccio dans son rôle de capitale, la patrie
de Napoléon Bonaparte ayant certainement influencé
ce choix. En 1975, la Corse fut à nouveau séparée,
selon la découpe de 1793, en deux départements sous
le vocable de Haute-Corse et Corse-du-Sud avec pour préfecture
de Région Ajaccio. Ville active et animée, souvenir
omniprésent de Napoléon, ont valu à Ajaccio
son surnom de "ville impériale". Patrie du général
Giustiniani ( 16ème/17ème), des 3 généraux
Rossi, de Napoléon et de toute la famille Bonaparte, du
maréchal d'Ornano (1784-1863), de Danielle Casanova déportée
de la Résistance, morte à Auschwitz en 1943, de
Tino Rossi. Incendie dit de la Paillotte (1998), entraîna
l'arrestation du préfet Bernard Bonnet (1er préfet
inculpé en France).