Les fouilles entreprises depuis 1966 laissent
supposer, en dépit de l'opinion jusqu'alors admise, qu'un
habitat gallo-romain assez important a précédé
largement la fondation normande et l'extension que lui donna
Guillaume le Bâtard. En effet, citée dans les textes
seulement à partir de 1025, la ville doit son essor aux
fondations du duc qui voulut en faire la capitale de la Basse-Normandie
pour des raisons stratégiques (passage de l'Orne et carrefour
routier), économiques (port sur l'Orne et contact avec
le Bessin, la Plaine et le Bocage) et sentimentales puisque
c'est là que Guillaume et Mathilde fondèrent les
abbayes qui devaient leur faire pardonner leur mariage (consanguinité
éloignée). Port en plein essor après la
conquête de l'Angleterre en 1066, devenu un des centres
de l'Etat anglo-normand au 12ème, la ville était
alors constituée de plusieurs bourgs fortifiés,
séparés les uns des autres par de grands espaces
: le bourg l'Abbé, le bourg l'Abbesse, le bourg du Duc
sont les plus importants. Le rattachement de la province à
la Couronne en 1204 transforma l'économie de la ville
qui se tourna vers l'intérieur du pays. La guerre de
Cent Ans et, en particulier, la prise de Caen en 1417 par Henri
V d'Angleterre l'appauvrirent, cependant que le régent
Bedford fonda en 1432 l'Université, rivale de Paris.
La victoire de Formigny, en 1450, assurant le retour définitif
de la Normandie à la France, Caen connut une nouvelle
ère de prospérité jusqu'à l'apparition
de la Réforme qui y suscita un grand enthousiasme et,
de ce fait, de sanglants désordres; l'édit de
Nantes ramena le calme, Caen devint alors une riche ville bourgeoise
où l'on construisit de beaux hôtels et où
se multiplièrent les fondations religieuses. La Révocation
de l'Edit en 1685 entraîna l'émigration d'une partie
de la population, mais Caen conserva une certaine importance
économique qui fut relancée au début 200
avec l'extension du port et les installations d'usines métallurgiques.
Epargnée en 1940, Caen devint à partir du 6 juin
1944 le pivot de l'offensive alliée et de la défense
allemande. Les bombardements ininterrompus qui la pilonnèrent
pendant un mois et l'incendie qui la dévasta pendant
onze jours laissèrent un amas de ruines d'où émergeaient
seules les grandes abbayes périphériques mais
les maisons à pans de bois qui les entouraient avaient
disparu définitivement. Les aciéries, totalement
détruites en 1944, ont repris leur activité en
1951. Le port relié à la mer par un canal a été
agrandi et réaménagé; c'est le huitième
de France. Patrie de Le Métel de Boisrobert, de Jean
Marot, père de Clément, du compositeur Auber,
de Malherbe, de Malfilâtre, du peintre Eustache Restout,
du tisserand André Graindorge, des généraux
Moulin et Decaen. Louis Mexandeau, maire PS, député,
ancien ministre (3 fois).
Caen : vue depuis le château
Le
7 juin 1944, au lendemain du Débarquement allié,
la ville est en flammes. Les alliés tout proches
mettront plus d'un mois à la libérer
et pendant un mois encore elle subit de terribles
bombardements. La ville fut détruite à
75 %. Sa reconstruction est réussie : les immeubles
en pierre et en ardoise, peu élevés,
côtoient harmonieusement les monuments anciens,
restaurés et mis en valeur par des jardins.
Des terrasses du château, la vue donne sur l'église
Saint-Pierre, la maison des Quatrans et une partie
de la ville.
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