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La fondation de la ville de Nice au-dessus
de l'anse des Ponchettes, sur la colline du Château, est attribuée,
au témoignage des auteurs anciens, aux Grecs de Marseille.
On ne peut fixer de date précise (6ème-5ème
av. J.-C.) et les vestiges archéologiques ne sont pas abondants
(fragments de céramique). A 3 km environ au nord, l'oppidum
ligure des Védiantiens s'élevait sur le site de Cimiez.
Les Romains y établirent la capitale de la province des Alpes-Maritimes
après la victoire d'Auguste sur les tribus alpines (14 av.
J.-C.). Vers le 6ème ap. J.-C., on constate l'abandon de
Cimiez par la population en raison de la ruine de l'Empire romain
d'Occident, de la cessation du trafic de la voie Julia Augusta et
de l'insécurité générale. La vie locale
se concentra sur l'acropole niçoise et son rivage, mieux
protégés. Vers le milieu du 12ème, une administration
municipale fonctionna et Nice figura parmi les villes du Consulat
jouissant d'une très large autonomie; elle subit alors la
pression de la commune de Gênes désireuse de s'assurer
des places sûres ou comptoirs sur la Côte pour le développement
de son commerce. Le comte de Provence Raimond-Bérenger V
y fit reconnaître son autorité en supprimant le Consulat.
En 1388, les vigueries de la Provence orientale passèrent
sous la souveraineté de la Maison de Savoie, et une nouvelle
province, dont Nice fut le centre directeur, fut formée qui
prit le nom de Comté de Nice. La ville devint alors, et resta
pendant trois siècles, une place forte, point essentiel de
la défense du Var et des côtes. Sa valeur fut démontrée
en 1543, lorsque les Turcs, alliés aux Français, ne
parvinrent pas à obtenir la reddition de la citadelle ; une
tradition que rien ne permet de mettre en doute, rapporte que la
lavandière Catherine Ségurane, armée de son
battoir, arracha, sur les remparts, l'étendard de l'agresseur
ottoman. Pour permettre un meilleur aménagement du système
fortifié, les habitants de la ville haute durent quitter
leurs demeures pour descendre dans la ville basse où se regroupa
l'agglomération. Comme toutes les villes maritimes, Nice
a souvent payé son tribut aux épidémies que
de mauvaises conditions sanitaires rendaient particulièrement
meurtrières : la peste de 1631 aurait fait plus de dix mille
morts. Moins heureuse qu'au siècle précèdent,
Nice ne put résister à l'assaut des armées
de Louis XIV. A deux reprises, de 1691 à 1696 et de 1706
à 1713, elle fut occupée, et, la seconde fois, le
vainqueur ordonna la démolition des installations militaires
: le château fut complètement rasé. A partir
de ce moment, la vocation pacifique de Nice s'affirma. Afin de donner
à son commerce une base solide, le creusement du port de
Lympia, à l'est de la colline du Château, débuta
en 1748. D'autre part, le charme du climat exerça sa séduction
: vers les années 1730, on commença à voir
venir pendant l'hiver des Anglais et des Français qui logeaient
généralement dans les faubourgs pour éviter
les inconvénients de la vieille ville, étroite et
malsaine. Pour l'année 1787, on relève la présence
de cent quinze familles d'hivernants. Le Comté de Nice fut
envahi par les troupes de la jeune République française
et de 1793 jusqu'en 1814 (chute du Premier Empire), Nice devint
chef-lieu du département des Alpes-Maritimes ; les trois
séjours qu'y fit Bonaparte se situent dans cette période
(juin-juillet 1793, il n'était encore que capitaine d'artillerie
; mars-décembre 1794, général de brigade et
alors farouche jacobin, il fut mis aux arrêts après
le 9 thermidor; mars-avril 1796, il y prit le commandement de l'armée
d'Italie). Sous la Restauration, Nice reprit sa place dans les Etats
de Savoie, mais son négoce supporta difficilement la concurrence
du port de Gênes rattaché au royaume de Piémont-Sardaigne
par le traité de Vienne de 1815 et dont le trafic fut incomparablement
supérieur. On enregistra une progression des séjours
d'étrangers, parmi lesquels les Anglais dominaient de loin.
La ville s'étendit et s'embellit : promenade des Anglais,
de l'estuaire du Paillon à Magnan; jardin public; début
de la construction de la place Masséna. Le traité
du 24 mars 1860 suivi du plébiscite des 15 et 16 avril consacra
la réunion du Comté de Nice à la France. Nice
fut appelé à devenir la capitale de la grande région
touristique que le poète Stéphen Liégeard baptisa,
en 1887, la "Côte d'Azur". La population de la ville
et l'espace habité n'ont cessé de s'accroître;
Nice qui ne comptait en 1861 que 48 273 habitants est devenu aujourd'hui
la cinquième ville de France. On évoque souvent les
années de la "belle époque" de 1880 à
1914, où les plus grandes célébrités
et les têtes couronnées se donnaient rendez-vous sur
le rivage de la baie des Anges ; la reine Victoria, de 1895 à
1899, symbolisa la faveur dont le pays niçois a joui auprès
d'une élite mondaine en un temps où la vie paraissait
facile à ceux que le sort avait gratifiés des avantages
de la fortune. Parmi les fêtes traditionnelles qui animent
la vie niçoise, le Carnaval occupe une place de choix; la
coutume remonte au Moyen Age, mais c'est en 1873 qu'avec la création
du Comité des Fêtes la dynastie toujours vivante des
Carnaval inaugurait son règne et que les réjouissances
acquéraient une renommée internationale. D'habiles
artisans, les "carnavaliers", se spécialisent,
durant la période qui précède les jours gras,
dans la décoration des chars, la confection des figures en
carton-pâte et imaginent des compositions pleines de fantaisie
et d'ingéniosité. Dans ces dernières années,
Nice a dirigé ses activités dans plusieurs directions.
L'aéroport ouvert en 1945, situé à sept kilomètres
seulement du centre de la ville, est devenu l'un des plus importants
de France, et ses pistes ont été notablement augmentées.
Bien que situé hors du territoire communal, le Parc international
d'activités de Valbonne-Sophia Antipolis est étroitement
lié à la grande cité voisine : les formes les
plus modernes de l'industrie et de la recherche y découvrent
le lieu idéal pour s'établir et progresser (électronique,
informatique, aéronautique, énergie solaire, gestion
des ressources en eau, recherche appliquée à la pharmacie,
à la chimie, à la biotechnologie, etc.). Depuis 1965,
Nice possède une Université où toutes les branches
d'enseignement sont représentées. Le nombre des étudiants
inscrits dépasse maintenant vingt mille. La vie culturelle
s'exprime dans de nombreuses institutions : bibliothèques,
musées, associations. Le Conservatoire national de musique
jouit de la plus flatteuse réputation, et l'Opéra
municipal réalise chaque année un programme de haute
tenue. Le Nouveau Théâtre de Nice se place à
l'avant-garde de la création théâtrale. De nombreuses
expositions font largement connaître toutes les formes et
toutes les tendances de l'art. Nice est, par excellence, la ville
des congrès. La construction du vaste ensemble d'Acropolis
qui vient d'être achevé lui donne le palais qui permettra
d'accueillir, avec tous les perfectionnements de la technique, toutes
les manifestations de quelque ampleur soient-elles. Citons enfin,
parmi les dernières réalisations d'urbanisme, la magnifique
perspective dégagée après la démolition
du Casino municipal qui prolonge le jardin Albert 1er avec vue sur
les hauteurs environnantes, le plan de rénovation de la vieille
ville comportant notamment l'établissement de commerces et
ateliers d'art, les travaux de la voie rapide pour assurer aux transports
automobiles la traversée sans obstacles de la ville d'est
en ouest. Descriptif de la ville. Nous adopterons une division en
4 parties : Cimiez; la vieille ville; le port et l'est de la ville;
la promenade des Anglais, le centre et l'ouest.
Le
port et la Baie-des-Anges

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